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Fondation_Moumie230711500.jpgLa dernière sortie de la Fondation Moumié fut relative à la remise à l’endroit des débats autour de la présidentielle camerounaise. La Fondation Moumié vise ainsi à sortir les enjeux de cette présidentielle de l’écume superficielle qui évincent de la scène publique les sujets de fond pouvant induire une modification structurale et structurelle du pouvoir politique. Ci-dessous les dix premières conclusions qui découlent des premiers points analysés :

1.Le Renouveau National est non seulement un symptôme contemporain du mal camerounais, mais aussi une tentative permanente de faire croire aux Camerounais qu’ils peuvent en sortir par des expédients et/ou des « mesurettes » balistiquement inspirées par un timing préélectoral : recrutements de diplômés à la fonction publique ; motions de soutien à Paul Biya, réception de musiciens camerounais, droit de vote accordés aux Camerounais de la diaspora…

2.    Les expédients proposés par le régime ne font absolument pas le poids une fois mis en balance avec les réformes dont a besoin le pays sur le plan du chômage massif des jeunes, de la gestion de ses richesses, de leur répartition, de la gestion de nos villes, de l’avenir de nos paysanneries, de la gestion des universités et grandes écoles, de l’usage des finances publiques, du montage de son code électoral, de l’organisation de sa justice, de la redéfinition de ses rapports avec la France, de la conception du pouvoir, de son exercice et de son acquisition…

3.    Le néonationalisme sur le tard du RDPC est un second meurtre du nationalisme authentique camerounais. Il vise à tromper l’âme immortelle du peuple camerounais en faisant semblant de dénoncer une ingérence française grâce à laquelle le régime en place est arrivé et se maintient au pouvoir depuis 1982.

4.    Un vote promu et organisé par des instances camerounaises non démocratiques sert à renforcer les dictatures politiques qui le promeuvent car les Camerounais votent depuis l’Etat-colonial et ont continué à le faire sous Ahidjo et sous Biya sans que cela entraîne leur émancipation sociopolitique et économique.

5.    Une présidentielle supervisée par Elecam est au service d’un vote conservateur du régime en place et non d’un vote transformateur de l’origine du pouvoir, de sa conception et de son rôle dans le développement du Cameroun.

6.    Limiter la réponse aux demandes démocratiques de la diaspora camerounaise au droit de vote, est un réductionnisme aussi infantilisant que trompeur. Le droit de vote accordé aux Camerounais de la diaspora est une pitance politique, étant donné que le régime n’accorde pas la double nationalité qui est un instrument moderne d’une intégration citoyenne capable de mobiliser la plus grande partie de sa diaspora pour le développement, mais aussi parce que, sans commission électorale indépendante, le vote de la diaspora subira le même sort que celui des Camerounais qui sont au pays.

7.    Les Camerounais doivent conquérir eux-mêmes leur libération. Celle-ci n’est à attendre, ni du Renouveau National, ni de l’extérieur et encore moins de la froideur actuelle des relations Cameroun/France. Ce qui se passe actuellement entre la France et le Renouveau National est une scène de ménage qui peut très vite remettre ensemble les amoureux surtout quand les relations sont basées sur des intérêts réciproques très vite renégociables pour une nouvelle idylle politique dans le dos des Camerounais.

8.    Seuls les combats historiques menés par les pères fondateurs du combat émancipateur camerounais (Um Nyobè, Félix Moumié, Oundjié, Ossendé Affana…) et leur actualisation inspirée par les formes contemporaines de colonisation que subissent les Camerounais, peuvent donner forme, sens et ancrage réel à la démocratie camerounaise. Celle-ci ne peut en aucun cas se construire de façon désincarnée par rapport aux problèmes réels internes et externes, subjectifs et objectifs, diachroniques et synchroniques que vivent le pays et ses populations.

9.    Le défi actuel du Cameroun est d’inventer un nouveau logiciel politique que la Fondation Moumié qualifie de rédempteur et d’émancipateur. Son rôle et de replacer le Cameroun dans les sentiers de la sérénité interne et externe par la conception d’une nouvelle offre politique capable de dissiper ce que la Fondation Moumié appelle les angoisses concurrentes : l’angoisse de perdre le pouvoir qui habite les Camerounais qui l’ont toujours eu depuis cinquante ans, et l’angoisse de subir le purgatoire que traînent ceux des Camerounais exclus de ce pouvoir depuis le même nombre d’années.

10.    Le nouveau logiciel politique rédempteur et émancipateur du Cameroun  n’est pas à concevoir dans l’autarcie et hors du temps du monde. Il poursuit les intérêts du Cameroun et des Camerounais en liant les problématiques nationales aux problématiques internationales susceptibles de servir l’émancipation camerounaise des dépendances historiques de dimension internationales qui obstruent sa voie dans le processus de développement.

NB : Très prochainement, la suite de cette rubrique ouverte par la Fondation Moumié. Toutes les conclusions réunies inspireront une déclaration finale à laquelle prendront part plusieurs associations de la diaspora camerounaises.


Thierry AMOUGOU, Président de la Fondation Moumié

Tag(s) : #Actualité

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