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Prix_Moumie111108275.jpgSelon le Macroéconomiste, assistant de recherches à l’Université Catholique de Louvain-la- Neuve en Belgique et président de la Fondation Moumié , les arrestations de hautes personnalités, plus connues sous le nom d’Opération Epervier est une "analyse des simples d’esprits sur laquelle compte justement Paul Biya pour se positionner sur l’échiquier national et l’imaginaire des Camerounais comme un justicier ou un Robin des Bois des temps anciense». Pour lui,l'Opération Épervier est myope sur ceux qui l’on initié. Dans cet entretien qu'il accorde à Camer.be, il donne son point de vue sur l'actualité camerounaise


Monsieur Thierry Amougou, quelques jours après le dernier discours de Paul Biya à la nation en 2009, quel est votre point de vue à propos des déclarations du président de la République du Cameroun ?


Déjà bonjour à camer.be et bonne année 2010 à tous les lecteurs, analystes et débatteurs abonnés de ce médium. Étant donné que Paul Biya s’adresse à nous, réagir à ce qu’il nous dit n’a rien d’extraordinaire. C’est tout simplement un devoir et un droit du citoyen que de passer au crible de la critique ce que dit celui qui est chargé de la gestion de la cité. Ne pas le faire est une démission de l’exercice de sa citoyenneté autant qu’un cautionnement d’un ensemble de décalages abyssaux entre les faits et le discours politique électoralement orienté. Avoir une attitude de défiance par rapport au pouvoir politique est le meilleur viatique pour l’humanisation de celui-ci et l’émancipation des citoyens africains.
Ce discours comporte les vœux de bonne année du président aux Camerounais. Sans vouloir jouer les cassandres ou au rabat-joie, c’est déjà très bien de les recevoir en début d’année même si c’est une civilité quasi-mécanique qui ne changera rien à la réalité de ces nouveaux 12 mois du temps calendaire car le temps politique et le temps social au Cameroun sont autres.
Le discours du président annonce aussi beaucoup de choses qui, de prime abord,  sont positives. C’est le cas des ressources pour la recherche même si les modalités institutionnelles (quelle synergie entre universités et grandes écoles ?), d’allocation des ressources et d’évaluation des chercheurs ne sont pas précisées. C’est aussi le cas du clin d’œil fait aux combattants de la première heure pour l’indépendance du Cameroun. Les projets locaux dont parle le président sont les mêmes qu’on peut retrouver dans plusieurs autres de ses discours passés. Bref, Paul Biya annonce un certain nombre de choses qui ont pour but de dire aux Camerounais qu’il est encore l’homme de l’avenir. Et c’est ça le piège car faire miroiter de bonnes réalisations après plus d’un quart de siècle de non réalisations, est une grande supercherie politique qui consiste à dire l’homme d’après 2011 c’est toujours moi car j’ai des projets.
 
C’est pour cette raison qu’il faut être extrêmement prudent par rapport à ce que je peux appeler des projets aux forts relents de campagne présidentielle. C’est aussi le cas de la poursuite de l’opération Épervier, de la résurrection du Comice d’Ebolowa, du Sénat et de la décentralisation qui sont d’anciens chantiers réactualisés comme outils de campagne présidentielle pour le Renouveau National. Par contre la création d’un poste de vice président, les résultats du recensement national, la double nationalité des camerounais de la diaspora, la date de la présidentielle, la déclaration des biens des responsables politiques et l’attiédissement et le reflux démocratiques que représente Elecam ne sont même pas effleurés.
Pour le reste, et ainsi que je l’ai déjà dit quelques jours après ce message, le président camerounais reste évasif sur les problèmes sérieux du pays. Il saute sur l’aubaine que constitue la crise des crédits hypothécaires de l’été 2007, pour dire aux Camerounais qu’elle est la source de tous leurs problèmes. Seulement ce n’est pas la première fois. Jusqu'aux années 2000, le bouc émissaire des ratés du régime était la crise économique des années 1980. Maintenant ce sont les subprimes qui, d’après lui, expliquent tous les problèmes du Cameroun. Cette stratégie d’évitement et de diversion ne résiste ni à la critique, ni à l’analyse de certains événements récents au pays.

En effet, sont-ce les crédits hypothécaires américains qui ont changé la Constitution camerounaise pour prolonger le Renouveau National jusqu’à la durée de vie de Paul Biya ? Sont-ce les subprimes qui ont tiré à balles réelles sur des centaines de citoyens Camerounais tués parce qu’ils manifestaient contre la vie chère ? Est-ce la crise financière internationale qui a donné naissance à Elecam, une structure censée organiser les élections camerounaises mais composée majoritairement des membres du RDPC ? Est-ce la crise du capitalisme financier qui a donné lieu au pillage des deniers publics et à l’emprisonnement des journalistes ?  La réponse à ces quelques question est NON car c’est le Renouveau National qui est l’auteur compositeur et le metteur en scène de tous ces maux qui minent le peuple camerounais et le Cameroun. Le dire ne veut pas dire qu’on est de mauvaise foi vis à vis de Paul Biya, mais tout simplement qu’on fait preuve d’un minimum d’objectivité en lui restituant des faits de son propre bilan de gouvernance.

Ce message du président montre aussi des carences graves dans ce qu’il annonce. Il dit compter sur “ un temps mort ”, la crise, pour investir sur la santé et l’éducation grâce aux fonds PPTE. C’est sidérant de se rendre compte que des secteurs aussi vitaux pour la pays attendent “ un temps mort ” pour recevoir l’attention du Régime. En outre, celui-ci compte le faire avec les fonds PPTE qu’il ne maîtrise pas car ils relèvent d’un mécanisme externe d’allègement de dette. En conséquence, non seulement le régime n’a pas réussi à consolider le caractère autonome du financement des investissements dans de tels secteurs, mais en plus il se (ré) endette massivement pour les générations futures qui paieront la note quand les dirigeants actuels ne seront plus là. Il devient évident que le président ne sait pas de quoi il parle lorsqu’il s’autorise à parler des bons fondamentaux qu’auraient le Cameroun alors que le déficit extérieur augmente, que l’endettement international repart et que le taux de chômage et de corruption restent assez haut.

Le président dit aussi qu’il compte relancer l’économie du pays grâce à la remontée du prix du pétrole et d’autres produits de rente. C’est aussi de courte vue car non seulement le Cameroun n’est pas un grand producteur de pétrole, mais aussi c’est encore une fois miser sur des produits de rente dont la faiblesse des élasticités-prix et le caractère erratique de cours mondiaux, militent pour une diversification des structures productives à laquelle ne pense pas le Renouveau National.
Enfin, le chapitre de la nation version Paul Biya est simple à résumer. Ce sont les LIONS Indomptables qui sont le signe tangible de la nation camerounais. Tant qu’ils gagnent, la nation est consolidée. C’est donner raison au feu Omar Bongo qui disait que la Cameroun est facile à gouverner car tant que les lions gagnent les Camerounais sont contents et laissent tout passer même deux baisses de salaire successives comme ce fut le cas il y a quelques années. Donc, à la question qu’est ce qu’être Camerounais ? Paul Biya dit, c’est être un supporter des Lions indomptables. La nation est pourtant un projet jamais achevé auquel on doit porter une attention permanente car elle peut s’effriter à la moindre maladresse. En conséquence, introduire dans la norme suprême la distinction d’autochtones et d’allochtones entre Camerounais n’est pas une façon de consolider la nation ; tuer des citoyens qui manifestent n’est pas une façon de consolider la nation ; changer la Constitution dès qu’on arrive au terme de ses mandats n’est pas un signe de consolidation de la nation ; édifier des règles d’accès aux grandes écoles à deux vitesses n’est pas la marque d’une nation apaisée. On consolide la nation par des politiques socialement justes qui maintiennent tout le monde dans le projet de nation. Elle doit permettre à tout le monde de saisir son destin.

L’effet calculée et voulue de ce discours présidentiel est de dire aux Camerounais que le Renouveau National travaille bien mais qu’il a l’infortune que des crises successives viennent chaque fois saper sa politique depuis 1982. Ce qui n’est pas le cas tel que je viens de le montrer.


Le chef de l'État a annoncé la poursuite de l'Opération épervier en 2010. Elle s’est concrétisée quelques heures seulement après son propos avec deux autres nouvelles vagues d'arrestations. Qu’en pensez-vous ?


Si on est adepte de la paresse ou de l’anorexie analytique, la lecture de l’opération Épervier se résume à ceci : ils ont volé, on les juge, on les sanctionne et ils le méritent. Donc Paul Biya applique sa politique de rigueur et de moralisation. C’est l’analyse des simples d’esprits sur laquelle compte justement Paul Biya pour se positionner sur l’échiquier national et l’imaginaire des Camerounais comme un justicier ou un Robin des Bois des temps anciens.
Si on décide de quitter cette surface des choses et d’aller au fond de celles-ci, la lecture de l’opération Épervier est plus accablante pour Paul Biya et le Renouveau National. Votre question dit que les arrestations de personnalités ont suivi le discours du président à quelques heures d’intervalles. C’est une preuve supplémentaire que la séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire est désormais caduque au Cameroun. Là où certains compatriotes, et je respecte leur jugement, diront que Paul Biya fait ce qu’il annonce et annonce ce qu’il fait, moi je vois une caractéristique d’une Opération Épervier qui sape la séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire. Montesquieu, dans l’esprit des lois, dit que le pouvoir arrête le pouvoir en ce sens que le législatif et le judiciaire doivent être des contre-pouvoirs indépendants par rapport à l’exécutif. Dans le cas d’espèce, c’est l’exécutif, c’est dire Paul Biya qui, à la place du judiciaire, dit qui on doit arrêter, qui on ne doit pas arrêter, dans quel timing le faire et quand il faut ralentir les arrestations ou les accélérer.
Ce premier point montre que c’est un faux justicier et un faux Robin des Bois car il cherche, pour son propre bonheur de rester président à vie, à amasser la sympathie et à séduire politiquement des pauvres Camerounais qu’il pense amnésiques. C’est donc un Robin des Bois qui travaille pour lui-même et un faux justicier qui se fait lui-même justice. Ce sont ces choses qu’on caractérise par dictature en sciences politiques. L’Opération Épervier démontre donc aussi une justice camerounaise non à deux vitesses, mais à trois voire à quatre vitesses car certains contrôlent tous les pouvoirs, d’autres arrêtés ont osé lorgner le poste de Biya quand d’autres sont incontrôlables car restés fidèles au chef de bande. Une justice intégrale et juste devrait aussi traîner le RDPC devant les tribunaux pour recèle et abus de biens publics et sociaux car plusieurs de ceux qui sont aujourd’hui en prison y ont injecté pendant plusieurs années des ressources détournées des caisses de l’État.

C’est d’autant plus un faux Robin des Bois que les sommes détournées ne sont pas restituées à l’État camerounais et aux ayants droit que sont les citoyens camerounais. Le fait de mettre les barons du pouvoir en prison ne change pas d’un iota la vie misérable de nombreux compatriotes alors que ce même fait peut permettre à Paul Biya de gagner de l’estime et de la crédibilité auprès de plusieurs d’entre eux. C’est donc une opération faite par Biya pour Biya et non par Biya pour les Camerounais. L’homme du 6 novembre 1982 veut ainsi ressusciter politiquement en faisant renaître de leur cendre comme un phénix, les termes clés de rigueur et de moralisation des comportements annoncés en grande pompe dans sa politique du Renouveau National. Celle-ci a pourtant accouché d’une souris après plus d’un quart de siècle de malversations financières qui, en premier lieu, sont à imputer au leader qu’il est car personne de ce qu’on arrête n’a puisé dans les caisses de l’État plus que lui-même comme le relève le rapport de 2009 sur biens mal acquis.

Ainsi, il va sans dire que l’opération Épervier se fait aux antipodes de ce qu’on appelle démocratie. Celle-ci vise en permanence l’égalité des citoyens devant la loi et est la fin des privilèges. L’Opération Épervier démontre au contraire qu’être chef de l’État ou un de ses amis fidèles est un privilège dans cette pseudo lutte contre la corruption. Ceci n’est pas anodin car Paul Biya qui met aujourd’hui ceux qu’on dit avoir volé en prison a introduit son immunité post mandat dans la dernière réforme constitutionnelle. Ceci veut dire que quoiqu’il fasse, il est couvert par son immunité présidentielle non seulement pendant ses mandats, mais aussi après ceux-ci. Ce n’est que dans l’Italie de Berlusconi qu’on peut observer de tels affronts au principe d’égalité de tous devant la loi. Comme quoi, celui qui a tout les pouvoirs, c'est-à-dire le président camerounais, n’est responsable de rien. Il peut tuer tout le monde, ce n’est pas lui qui les tue  mais la main invisible comme le dirait Adam Smith en économie. Le statut pénal du présent camerounais est aussi ce qui rend frelatée cette Opération Épervier : les uns sont jugés quand le chef de tous et du système ne peut l’être. Nous voyons pourtant comment Jacques Chirac, ces derniers temps, répond des actes posés pendant ses mandats à la tête de l’État français. Ceux qui sont au pouvoir ne se comportent pas de la même façon quand ils savent qu’ils auront des comptes à rendre à un moment donné. C’est donc bien en connaissance de causes que les autorités camerounaises refusent de ratifier certains textes des instances internationales de justice. C’est aussi en connaissance de cause que les présidents africains veulent mourir au pouvoir.
 Restaurer et réinstaller le principe d’égalité de tous devant la loi est un des chantiers de ceux qui vont prendre le Cameroun après Biya car il y’aura bien un après malgré tout. On ne peut pas parler de nation et introduire de tels privilèges taillés sur mesure dans une Constitution garante de l’unité nationale. Puisqu’on veut parler d’accountability dans l’opération Épervier, c'est-à-dire d’imputation et de responsabilité dans les actes posés par les uns et les autres, qu’on aille au bout des choses en imputant cette faillite générale au Renouveau National en tant que système de gouvernance en vigueur depuis 1982. Ça semble pourtant couler de source que c’est lui le responsable de tout ce système à cause duquel on ne parle plus que de milliards volés dans les entreprises, les ministères et même dans les ambassades !
L’opération Épervier cache aussi une grande escroquerie politique et un marché de dupe où les Camerounais sont les dindons d’une farce politique jouée par leur président. En effet, les Camerounais n’ont pas signé un accord avec Paul Biya en en 1982 en lui disant : tu laisses tes collaborateurs piller l’État pendant 27 ans et tu commenceras Épervier après ce délai de pillage. La rigueur et la moralisation c’était tout de suite qu’il fallait les appliquer et non un quart de siècle après. C’est ça l’escroquerie politique car alors que l’homme de la rue dénonçait le pillage de l’État depuis toujours, le président faisait le sourd, restait quoi en augurant parfois qu’il n’avait pas de preuves. Avoir maintenant subitement ces preuves une fois sa carrière politique derrière lui, relève tout simplement d’un machiavélisme politique qui consiste à rebondir en noyant ceux qui l’ont soutenu jadis. Ceci veut dire que c’est la mal gouvernance du pouvoir qui redevient la substance de l’élément qui peut perpétuer ce pouvoir. C’est tuer les hommes et rentabiliser leur mort pour soi.
Il faut donc sortir des surfaces et lire l’opération Épervier à plusieurs niveaux et de façon approfondie.

Toujours dans son message du 31 décembre 2009, le président de la République parle de Camerounais qui ont combattu pour obtenir l'indépendance du Cameroun mais, il n'a pas donné de noms. De qui parlait Paul Biya selon vous ?

Je ne suis pas devin et je ne vais pas donner des noms à sa place étant donné que je ne suis ni porte parole du président, ni le prolongement de sa pensée. Laissons du temps au temps comme aimait bien le dire François Mitterrand. Quand le moment sera venu l’heure sera connue. Il va sûrement donner des noms et d’autres précisions lors des événements annoncés dans son message à la nation. Pour le moment, ils ont un nom commun, “ ceux qui ont combattu pour l’indépendance ”. Nous attendons que Paul Biya et son régime décompose ce nom commun en noms propres distincts les uns de autres. Ils connaissent tous l’histoire du pays et ces noms s’y trouvent sans peine autant que les trajectoires sociopolitiques de ceux qui les portent.


Peut-on affirmer que la mémoire des illustres combattants que sont Ossendé Afana,Félix Moumié, Ruben Um Nyobé, Ernest Ouandji… est enfin réhabilitée avec Paul Biya ?


Pour ne pas les citer je pense que c’est entre autres de ceux-là que parle le président. On ne réhabilite cependant pas des hommes avec des annonces et des effets d’annonce mais avec du concret. Le travail de réhabilitation passe avant tout par un parachèvement du travail de mémoire. Ce ne sont pas des discours et une appropriation instrumentale de l’histoire par une classe politico-sociale qui le font, mais des actes républicains dont l’objectif est de relater les faits et les rôles joués par les uns et les autres dans cette conquête de l’indépendance. Il ne s’agit pas de clouer au pilori qui que ce soit, ni de dire qu’il eut de bons et de mauvais Camerounais, mais de présenter les faits tels qu’ils se sont déroulés effectivement et non tels qu’ils ont été reportés par les vainqueurs locaux et externes des guerres coloniales. Le Cameroun est, avec l’Algérie, l’une des rares colonies africaines de la France à avoir choisi la lutte armée pour se libérer du joug colonial. C’est un grand honneur et un signe historique que ce peuple peut se défendre becs et ongles quand il le faut. Avoir mis sous éteignoir ses fils qui ont pris les armes pour faire cette guerre que je qualifie de “ guerre juste et noble ”, est tout simplement une honte nationale.
Ceci dit, laver cette honte c’est réconcilier les Camerounais avec leur histoire qui est ce qu’elle est étant donné qu’on ne change pas l’histoire. Cette réconciliation passe donc par l’œuvre de mémoire dont je parle et qui, après avoir présenté les trajectoires des uns et des autres sur le plan de l’histoire, peut revenir sur le plan politique à rendre justice à ceux qui, ayant tout sacrifié pour leurs pays, ont été pendant longtemps mis au placard. Le Renouveau National dit avoir réhabilité certains d’entre eux mais une réhabilitation ne s’arrête pas à l’affichage de photos dans l’Assemblée Nationale. Elle doit aller plus loin que ça en essayant de rendre justice aux descendances des victimes ô combien méritantes des vainqueurs d’hier.


Qu'est-ce qui apparaîtrait selon vous comme l'acte politique le plus significatif au Cameroun en 2009 ?


Comme 2007 et 2008 qui ont vu la révision constitutionnelle, Elecam et les tueries des Camerounais par l’armée nationale transformée en milice du Renouveau, 2009 fut aussi jalonné d’actes politiques qui n’honorent pas la politique au Cameroun. C’est pourquoi je ne peux vous parler d’actes majeurs sur le plan positif du politique, mais d’un chapelet de faits divers politiques qui ont montré encore une fois que l’offre politique du régime est au degré zéro. Je parlerai donc du rapport sur les biens mal acquis qui, en épinglant le Président camerounais, a montré qu’Épervier est myope sur ceux qui l’on initié. Les vacances luxueuses du couple présidentielle à la Baule ont montré pourquoi on veut être président à vie. Il a aussi le “ jousqueboutisme ” de l’activité tant des mousquetaires du roi Biya que des courtisans de sa cours. Plus proche de 2010, on peut noter le discours de Paul Biya à l’Enam sans un mot sur le fait que cette grande école devient une fabrique industrielle des plus grands fossoyeurs de l’État camerounais. Je finirai par Copenhague qui a montré combien, après 50 ans d’indépendance, les présidents africains vont encore prendre des leçons à Paris alors qu’ils sont supposés être souverains de leurs décisions. C’est aussi là une des causes de l’absence de démocratie car la souveraineté des États et des hommes est l’autre nom de la démocratie.


Pour revenir à l'actualité dans notre pays, le Cameroun fête son cinquantenaire ; la Fondation Moumié a-t-elle un projet à cet effet ?


La Fondation Moumié ne fait pas des projets de circonstance mais un travail de fond pour la continuité historique de la mémoire et de la prospérité africaines. A cet effet, elle n’a pas attendu le cinquantenaire des indépendances africaines pour prendre des engagements par rapport à ce travail de mémoire. Le prix Moumié va actuellement vers sa troisième édition. Il honore chaque année une personnalité africaine qui se distingue par ses actions dans la promotion de la démocratie, de l’État de droit,  des Droits de l’Homme, le développement, la prospérité et les souverainetés africaines. Dans les semaines avenirs la Fondation Moumié va continuer à honorer tous les héros des indépendances africaines par le bais du Prix Moumié désormais une institution qui promeut les valeurs positives pour le continent noir.
Ceci dit, le projet auquel vous faites allusion n’est que l’aboutissement d’un travail qui a déjà commencé depuis quelques années avant ce cinquantième anniversaire des indépendances africaines. Celui-ci a abouti à la mise en place d’une commission qui, dernièrement, a adressé les résultats de son travail dans une correspondance aux députés camerounais. De passage en Belgique, l’honorable Nitcheu, que je remercie au passage, a accepté de transmettre ce courrier à l’Assemblée Nationale camerounaise sans en connaître au préalable le contenu. De façon précise, notre projet demande un projet de lois simple dont le but est de parachever le travail de mémoire que nous estimons imparfait car fait à moitié par le renouveau National. Le projet de loi que nous demandons aux députés camerounais de proposer consiste à rendre justice aux nationalistes camerounais. C’est à dire à la fois à ceux qui ont combattu les colons au prix de leur vie, qu’à ceux qui ont composé l’hymne national du pays.


" Voici, en quelques mots les propositions de la Fondation Moumié."


La Fondation Moumié pense que faire œuvre complète de mémoire à des héros de cette trempe implique automatiquement aussi de faire preuve de justice à l’égard de leurs familles et de leur descendance. Ce qui, concrètement, consiste à faire jouir leurs familles et descendances de certains avantages. Avantages entendus comme les dividendes actualisés des sacrifices consentis et les coûts humains supportés par les dites familles du fait de l’engagement historique d’un de ses membres pour le bien du Cameroun jusqu’à ce que mort s’en suive.
De façon non exclusive, ces avantages que la Fondation Moumié demande aux députés Camerounais de mettre dans un projet de loi peuvent être :
- une pension équivalente au salaire d’un député qu’on accorde à vie à leurs veuves qui vivent dans la misère (cas de la veuve de Um Nyobè) ou meurt dans le dénuement le plus total (veuve de Félix Moumié) ;
- une invitation officielle de celles-ci ou d’un membre de la famille, et ceci aux frais de l’Etat, à toutes les cérémonies officielles (fêtes nationales, réceptions présidentielles…) ;
- une inscription gratuite de leurs enfants et petits enfants dans tous les lycées de la République de la 6ème jusqu’en classe de terminale ;
- Une inscription gratuite de leurs enfants et petits enfants dans toutes les universités d’Etat  etc…
De tels avantages ne représentent rien par rapport aux coûts subis par leur famille du fait de leur engagement pour le Cameroun. Ils ne représentent que la moindre des choses que puisse faire un Etat pour dire merci à ces dignes fils qui n’ont pas attendu que cet Etat fasse quelque chose pour eux avant qu’il ne s’engage pour lui.
La dimension inachevée du travail de mémoire renvoie à l’absence parfois insultante des noms et de l’histoire réelle de nos héros nationalistes dans les livres d’histoire utilisés au Cameroun. Les jeunes générations ne peuvent savoir qui étaient Um Nyobè, Félix Moumié, Réné Jam Afane et/ou Minkio-Bamba sans avoir des manuels scolaires qui retracent de façon intégrale et sans tabous la trajectoire citoyenne et politique de ces illustres Compatriotes. A cet effet, la Fondation Moumié demande aux députés l’introduction et la défense d’un projet de loi exigeant :
- Que tout livre d’histoire utilisé dans le système scolaire Camerounais restitue dans son intégralité les faits réels de ces héros nationalistes dans l’histoire du Cameroun ;
- La lecture intégrale de l’hymne national le premier Lundi de chaque mois ;
- L’enseignement obligatoire de l’histoire de l’Hymne national depuis la maternelle jusqu’au niveau primaire ;
- La transformation en mausolées (avec présentation indélébile des trajectoires citoyenne et politique) des lieux et places des tombes toutes abandonnées dans la broussaille, de nos héros nationalistes etc.…

Un mot sur “l’appel du peuple à Paul Biya”, ce livre qui invite le chef de l’État à briguer un autre mandat présidentiel après 2011 ?

Je ne suis pas au courant de cette publication et ne serait-ce déjà que son titre me fait sourire car c’est un déni de réalité que d’annoncer une telle élucubration. Au pif, ce titre veut dire que le peuple camerounais appelle Paul Biya à continuer à faire du Cameroun :
- un leader du groupe des pays les plus corrompus au monde ;
- à changer la Constitution du Cameroun tant qu’il sera en vie pour rester au pouvoir ;
- à tuer leurs enfants qui manifestent contre la vie chère ;
- à créer des institutions partiales comme Elecam ;
- à continuer à passer du bon temps à la Baule avec l’argent du contribuable ;
- à accumuler encore plus de biens mal acquis ;
- à classer les Camerounais en autochtones et allochtones ;
- à mettre les journalistes qui s’expriment en prison etc…..
Bref, chacun prend ses responsabilités et va assumer ses actes dans l’histoire du pays. Même Hitler avait des adeptes et continue d’en avoir aujourd’hui parmi les néonazis. Je ne peux pas, au regard de la calamité politique qu’est le régime en place, soutenir un tel projet. Les auteurs de ce livre ont pris la voie qu’indiquent leurs ventres : c’est la politique du ventre dont parle Bayart qui explique de telles initiatives.
Je crois pour ma part à la vertu de la démocratie et je pense que les auteurs de ce livre ont le droit de soutenir qui ils veulent et d’écrire ce qu’ils veulent bien écrire. Je ne suis pas un adepte de la pensée unique et de l’embrigadement des esprits. Je suis cependant aussi quelqu’un qui pense avoir le droit  d’avoir un avis sur ce livre dont le titre, “ L’appel du peuple à Paul Biya ” montre déjà tout le caractère tant démagogique qu’intéressé et mensonger de ses auteurs. Je ne veux même pas parler du statut épistémologique douteux et peu crédible de ce titre dans la mesure où parler de l’appel du peuple implique déjà qu’on croit que le peuple est une réalité tangible et homogène. Ce qui n’est pas le cas sur le plan sociologique et politique mais uniquement sur le plan conceptuel. N’ayant pas lu ce livre, je ne peux donc que commenter ce titre qui n’augure rien de plus à l’intérieur que du baratin de courtisans et d’opportunistes qui vivent des déchets de la mangeoire nationale. Par honnêteté intellectuelle, je ne peux aller plus loin. J’espère juste que les auteurs nous donnent leur technique de sondage des opinions du peuple camerounais ainsi que leur technique d’échantillonnage. Le reste est leur affaire car le livre ne peut avoir que le sort et le destin que mérite sa qualité intrinsèque : les lecteurs ne sont pas des cons au point de confondre l’appel d’un groupe aux intérêts généalogiques précis, à celui du peuple camerounais.


Le Macro économiste que vous êtes, doit certainement pouvoir lire la situation actuelle (révision constitutionnelle, élections présidentielles) et en dire ce qu’il pense.


D’abord, l’élection présidentielle pour moi est à la fois importante et pas importante.
Importante parce que c’est le moment pour changer de cap par un changement d’offre politique à la tête de l’État. A mon humble avis, le régime actuel a épuisé tout son crédit politique. Il est désormais atone politiquement et ne peut plus proposer, ni une nouvelle énergie, ni un projet crédible au pays et encore moins du rêve aux jeunes. C’est donc une élection importante parce que, ainsi que je le dis très souvent, c’est un moment de respiration de la vie politique. Moment où un pays, ses institutions et son peuple se renouvellent leur confiance réciproquement et leur croyance en l’avenir par de nouvelles orientations. C’est donc, en ce sens, une élection qui a un rôle cathartique pour un peuple et ses institutions.
Mais c’est aussi une élection peu importante car le Cameroun pour moi est un grand chantier dont certains aspects en friche. La course à l’élection présidentielle qui se concrétise par la multiplication des candidatures devrait être une course vers la proposition d’idées et des projets pour bâtir le pays partout où il y a du travail à faire. Et Dieu seul sait s’il y’en a. Je pense franchement que les Africains veulent mourir au pouvoir et que plusieurs d’entre eux veulent être président parce qu’ils ne foutent pratiquement rien à ce poste, mais peuvent y avoir tous les conforts de la vie. Être président serait une poste où on bosse d’arrache pieds et avec acharnement que personne ne le voudrait autant car il serait épuisant.  
Ceci dit, on n’a pas besoin d’être macro économiste pour avoir un avis sur cette situation. Il suffit d’être un homme avec une tête à l’intérieur de laquelle se trouve quelque chose qu’on appelle un cerveau. Le reste c’est de montrer de l’engagement et de l’intérêt pour son pays. Économiquement parlant et dans un régime démocratique, un taux de chômage élevé comme celui du Cameroun, une pauvreté qui s’exacerbe, une crise économique, le pillage de l’État par les responsables du régime et une situation inflationniste comme celle qui a entraîné les émeutes alimentaires de 2008, sont des paramètres sur bases desquelles les citoyens prennent leur décision lors du vote. En temps normal et en démocratie, ils devraient entraîner automatiquement un changement de régime au Cameroun lors de la prochaine élection présidentielle.
Nous sommes cependant dans un pays où il n’y pas de démocratie et où la Constitution a été modifié et Elecam mis sur pied pour la continuité du Renouveau National après 2011. Autrement dit, la science de l’économiste s’arrête là où commence le travail de sape de la machine auto-élective de Paul Biya. Les paramètres économiques et de gouvernance qui défont les majorités dans les démocraties ne sont pas opérants au Cameroun où la victoire est déjà garantie pour Paul Biya. Je pense de ce fait qu’il faut plusieurs conditions pour que le vote des Camerounais soit respecté et qu’une révolte populaire par les urnes puisse avoir une chance minime de victoire : d’abord une commission électorale indépendante ; une date précise pour la présidentielle, un candidat unique et crédible de l’opposition en la personne de Christian Tumi par exemple, puis les chiffes précis des inscrits sur les listes électorales et du recensement du pays. Sans ce minimum, tous ceux qui annoncent leurs candidatures sont des aventuriers qui, soit veulent ajouter une ligne en plus sur leur CV, soit veulent avoir un poste au prochain gouvernement de Biya. Celui qui veut que le Cameroun et les Camerounais gagnent et non qu’il change de statut en tant qu’individu, doit demander ces conditions minimales de transparence.
Enfin le cycle politico-économique du régime, c’est à dire les mesures populaires pour conquérir l’opinion des votants est déjà mis en branle. Le Comice Agropastoral d’Ebolowa s’occupe du Sud, le Sénat et la décentralisation vont distribuer des postes, le fonds pour la recherche va aligner les chercheurs et universitaires. Vont sûrement suivre une petite hausse des salaires et des primes aux fonctionnaires par ci et par là. Bref, je pense que le travail pour le Cameroun peut aussi se faire ailleurs qu’à la présidence de la république. La preuve : quelqu’un y est depuis 1982 et 27 ans après, son unique projet actuel c’est mettre ses collaborateurs en prison parce qu’ils ont pillé le pays. Ce qui veut dire qu’il a produit pendant 27ans un déficit de gouvernance. Il ne faut pas chercher à être président du Cameroun pour ça !


Quelle sera la place de la diaspora camerounaise dans la politique nationale du Cameroun dans un avenir relativement proche ?


La diaspora camerounaise n’est pas une curiosité qui n’existe que dans le cas du Cameroun. Elle est composite dans sa structure et composée de ces Camerounais qui, pour de multiples raisons, vivent ailleurs qu’au berceau de leurs ancêtres. Ce sont donc des hommes, des femmes et des enfants qui même s’ils ont déjà d’autres nationalités, sont toujours camerounais dans leurs cœurs et leurs esprits. La double nationalité que certaines composantes de cette diaspora demandent va ainsi permettre à ceux qui veulent s’engager dans la vie politique de leurs pays de le faire sans restrictions aléatoires. Il n y a pas que l’action et l’engament politique pour lequel la diaspora est importante. Je connais de nombreux Africains et Camerounais qui initient des projets de développement en Afrique et dans leurs pays en particulier. J’en connais qui enseignent à la fois en Europe et en Afrique. L’étude des mouvements migratoires dans l’histoire du monde montre le rôle crucial des diasporas européennes, israéliennes et palestiniennes dans la construction et les combats de leurs pays. Dans le cas de l’Afrique les transferts de fonds des diasporas sont largement supérieurs à l’aide publique au développement. La place et le rôle de la diasporas ou mieux des diasporas camerounaises, est de se voir considérer par l’État camerounais et ses dirigeants comme un acteur à part entière de développement même si elle peut aussi être un acteur entièrement a part étant donné ses acquis culturels d’ailleurs. C’est une richesse pour le Cameroun car elle a beaucoup à apporter dans son développement économique, social et politique. Son capital humain est colossal mais pas toujours sollicité par ceux qui devraient le faire. Je ne parle pas d’avenir proche car j’ai la caractéristique d’être quelqu’un qui aime les actons positives et permanentes de longue durée. Ce sont les seules qui changent en bien les structures négatives. Les diasporas camerounaises doivent travailler dans ce sens et elles le font déjà. En retour, elles doivent être aidées et encouragées non pour soutenir l’insoutenable, mais pour s’exprimer dans toute leurs dimensions et toute leurs expertises. Pour l’immédiat dont vous parlez wait and see.


Les lions indomptables disputent la CAN 2010 en Angola : votre pronostic sur le parcours qui pourrait être celui de Samuel Eto’o et ses coéquipiers ?


Nous avons dans notre équipe nationale un footballeur brillantissime qui marque à la pelle partout où il passe. Samuel Eto’o fils, pour ne pas le citer, n’a cependant pas les mêmes milieux de terrain en équipe nationale qu’en clubs. Il ne faut donc pas attendre qu’il y marque autant de buts. Pour le faire, il lui faut de bons ballons qu’il n’a pas toujours étant donné que notre milieu de terrain a plus de récupérateurs, c'est-à-dire des porteurs d’eau, que de d’animateurs et de créateurs de jeu de la trempe d’un Abega ou de Mbida Arrentes en leur temps. Seul Emana Achille le fait parfois car lui seule en a les moyens techniques. Je sais cependant que toute l’équipe va se battre pour faire honneur à eux-mêmes et au pays tout entier. J’ai aussi un avis personnel qui consiste à jouer la carte jeunes pour préparer le mondial. Je ne vais pas citer des noms mais tout le monde connaît les joueurs qui, dans cette équipe, ne peuvent plus suivre le démarrage foudroyant d’un jeune joueur de 20 ou 25 ans. De tels joueurs seront nombreux dans les équipes du Danemark, des Pays-Bas et du Japon, nos adversaires du mondial. Alors à bon entendeur….
Le premier match des Lions à la CAN n’a pas été fameux. J’ai vu une équipe camerounaise comme je la connais ces derniers temps, c'est-à-dire lente, lourde, en manque d’inspirations et incapable d’accélérer le jeu pour dérouter l’adversaire qui n’est pourtant pas un foudre de guerre malgré son caractère combatif. Mais quand on aime le football et qu’on a fait un peu de compétition dans sa vie, on sait aussi qu’il y a des jours sans où on joue en deçà de son niveau réel. J’espère que ce fut le cas pour les Lions lors de ce premier match. Ceci étant, cette équipe a largement le potentiel mental et footballistique pour se qualifier dans ce groupe. Mais y arriver veut dire qu’on laisse de côté des attitudes de suffisance et qu’on aille au charbon pour chercher les deux victoires qu’il nous faut avec de larges scores. C’est important pour la coupe du monde de faire une bonne CAN car ne pas être capable de battre le Gabon veut dire qu’on ne peut battre personne dans notre poule du mondiale où toutes les équipes sont plus fortes que l’équipe gabonaise. Mais le football n’est pas mathématique. Ce aurait été autrement que la Côte-D’ivoire, équipe pétrie de talents, aurait dévoré les étalons du Burkina ou que l’Algérie vainqueur de l’Égypte en éliminatoires aurait atomisé le Malawi. Rien n’est acquis en sport de façon définitive et les Lions peuvent se refaire une santé dès le prochain match et nous surprendre.


Pour sortir de cet entretien, un dernier mot à l'intention de nos lecteurs ? 


Que les Lions jouent mieux au prochain match : c’est la seule joie qu’ont très souvent plusieurs compatriotes. Aussi c’est tout le mal que je souhaite à tous même si les lecteurs non Camerounais ne seront pas d’accords avec moi. Qu’est que vous voulez c’est de bonne guerre ; je suis un amoureux du football et un fanatique discret des Lions. J’ai rêvé être lions à l’école primaire et au lycée mais mes parents ont jugé que le football était une affaire de bandits et m’ont mis au pas de l’école. C’était un jugement de leurs temps…..
Bref, je veux dire aux Camerounais que le sport en général est aussi une école de la vie. Il nous apprend à être humble, à respecter l’adversaire, à savoir perdre, à savoir gagner et à se remettre en question aussi. Cependant, lorsqu’on voit comment la vie est fragile en référence à l’enfer, à la mort et à la désolation que vivent les Haïtiens et Haïti en ce moment, on se dit finalement que perdre un match de football n’est absolument rien du tout. Ce qui compte, c’est avoir la chance de respirer encore un souffle de vie si chère et si fragile à la fois...


© Camer.be : Propos recueillis par Hermann G'nowa

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