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Dans la cadre de la continuité de la série réservée aux différents lauréats du Prix Moumié dont les heureux nominés recevront leur prix le 30 mai prochain à Genève, après avoir présenté René Jam Afane, (compositeur des paroles) et Samuel Minkyo Bamba, (compositeur de la musique) comme principaux auteurs de l’hymne national du Cameroun, nous revenons ce jour sur l’Addec, association estudiantine qui a toujours été aux avant postes de la défense des conditions de l’étudiant camerounais.

L’Addec, association pour la Défense des Droits Des Etudiants du Cameroun été créé le 31 mars 2004 à l'issue d'une concertation populaire ayant regroupée près d'un millier d'étudiants à l'amphi 502 de l'université de Yaoundé I. Elle a également été enregistrée et reconnue sous le n°2438 le 05 /08/04 au courrier ordinaire de la préfecture du Mfoundi à Yaoundé au Cameroun.
 

Aussitôt créée, cette association s’est fixée pour objectif principal d’ oeuvrer à la consécration d'un statut de l'étudiant qui tienne compte de leurs aspirations, d’oeuvrer à l'accomplissement des libertés universitaires, de promouvoir une formation universitaire de qualité axée sur la valorisation de la recherche en adéquation avec les aspirations et les besoins de notre société, de développer un esprit de solidarité et d'amitié entre les étudiants du Cameroun et avec ceux d'Afrique et du monde, entretenir dans cette perspective des liens étroits avec avec les associations et clubs en vue de l'unité du mouvement estudiantin etc
.

En cinq années d’existence, cette jeune association estudiantine a réalisée des actions de réussites indicibles.

Quelques mois après sa création, les leaders de cette association  avec pour tête de file Mouafo Djontu lancent une grève de la faim en octobre 2004 pour sensibiliser les candidats engagés à l'élection présidentielle sur les mauvaises conditions de vie et de formation des étudiants camerounais
.

Selon Mohamadou Houmfa du Le journal du Cameroun, entré à l’université, Mouafo Djontu l’un des pères fondateurs de l’Addec découvre le « délabrement » des milieux universitaires. Il saisit l’opportunité présentée par l’imminence de l’élection présidentielle de 2004 pour mener une grève de la faim. L’objet de sa grève étant de sensibiliser le politique sur les problèmes rencontrés par les étudiants camerounais
.

En compagnie de 4 camarades, Mouafo se rend selon la même source au siège du journal Mutations où il est chassé avec de l’eau. Mouafo pense ainsi que les journalistes du quotidien Mutations avaient peur de voir mourir dans leurs locaux, des jeunes étudiants  grévistes de la faim qui souhaitaient s’adresser à des candidats à une élection présidentielle



Parti de Mutations, Mouafo et ses quatre compagnons se rendent au siège de la Commission Nationale des Droits de l’Homme et des Libertés (Cndhl). Ils n’y passeront que 4 heures de temps avant d’être refoulés. C’est au siège de l’organisation non gouvernementale Nouveaux Droits de l’Homme que les grévistes vont trouver le site de leur mouvement. Le Docteur Hilaire Kamga les accueillent au forceps parce que pris de cours affirme Mouafo.

Du 29 Septembre au 10 Octobre, ils ne boivent que de l’eau. Le camarade Linjouom a été victime de 2 attaques cardiaques mais il n’en est pas mort fait savoir Mouafo. Anicet Ekanè, Adamou Ndam Njoya, Hubert Kamgang et Fritz Pierre Ngo, candidats à l’élection présidentielle leur rendront visite. C’est à la veille de cette élection que les grévistes stoppent leur mouvement pour aller accomplir leurs droits de vote


Toujours dans le cadre de la grève, en Novembre 2005, 3 mois après que le gouvernement n’ait pas souscrit aux engagements des étudiants grévistes, présenté devant le procureur pour rébellion, menace à l’ordre public, Mouafo Djontu va comparaître libre. Son procès dure sept mois et il écope d’une condamnation de 7 mois avec un sursis de 5 ans. Madame Dorothy Njeuma dans un communiqué officiel doit suspendre  Mouafo de l’université. Ce qui ne l’empêchera pas de s’inscrire en 2007, après une année préparatoire, au cycle de Master en Droit en Action Humanitaire à l’Université Catholique d’Afrique Centrale.
 

« Même s’il a cédé le fauteuil de président après 2 ans non renouvelables, en ne modifiant pas les textes comme dans certaines chapelles, il continue d’exercer une certaine influence sur l’Addec où il est conseiller. », l’on retiendra que cette grève de la faim qui avait fait la une des journaux camerounais pendant des mois avait  débouché par la signature le 07 mai 2005 d'un accord entre l'Addec et le gouvernement camerounais représenté par son ministre de l'enseignement supérieur. Ce qui obligea le chef de l'Etat camerounais à débourser la somme de 5 milliards pour la résolution des problèmes d'urgences, la construction de 3 amphis d'une capacité de 3500 places à UYII


Toujours dans l’actif de cette association estudiantine, l’on notera l’organisation d'une collecte de fond (près de 450.000 Frs Cfa) pour soutenir l'étudiante Bella Enama Constante dont le pied avait été broyé par un camion non assuré.
 

L’Addec a également soutenu par des marches et sit-in en 2005 des étudiants camerounais renvoyés de l'école d'urbanisme et d'architecture de Lomé au Togo pour non paiement des cotisations et des bourses par le gouvernement camerounais.


«  La défense des droits des étudiants », le crédo de l’Addec


Dans une lettre adressée au mois de mars dernier à Monsieur Jacques Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur, l’Addec, décriait entre autre l’irrespect des bailleurs, notamment en ce qui concerne le troisième arrêté signé par le préfet du Mfoundi le 20 août 2008, arrêté qui porte application de la grille des loyers dans les minis cités des zones de résidences universitaires de la même Université. L’Addec  avait fait également mention de la recrudescence d’actes de violence et de persécutions commises à l’encontre des étudiants résidents par les propriétaires de mini cités, pour dissuader les résidents de leur faire appliquer les loyers officiels.
 

Le 4 mars dernier, le ministre de l’Enseignement supérieur a fait une visite inopinée chez des étudiants des minis cités pour s’enquérir de la situation afin de rappeler à l’ordre les différents bailleurs. Ce qui a été jugé de salutaire par les membres de l’Addec

Plus récemment, cette association a contribué de par sa présence remarquée dans les campus des universités camerounaises à la réadmission de 14 étudiants de l’université de Buéa qui, au paravant avaient été exclu.  Plusieurs actions de cette organisation ont contribué progressivement à l’amélioration des conditions des étudiants camerounais, même s’il est vrai que le chemin de défense des droits des étudiants demeure encore tortueux nous confie un membre de l’Addec
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Pour récompenser leurs présences effectives par des actions concrètes l’Addec figure parmi les lauréats du prix Moumié 2009 tout comme Madame Madeleine Afité, Feu René Jam Afane et Feu Minkyo Bamba dont la cérémonie de remise de ce prix aura lieu le 30 mai prochain à Genève.


Pour justifier le prix décerné à l’Addec, Clarice Hansen, présidente de la fondation a affirmé récemment que  si l’on considère que les associations estudiantines sont et ont toujours été aux avant postes du changement en Afrique, si l’on considère que de nombreuses figures politiques camerounaises sont passées par l’action syndicale estudiantine (par exemple Castor Ossende Afana, Francois Sengat-Kouoh, etc.), il est important de soutenir les actions de l’Addec, surtout par la mobilisation de la communauté Internationale en faveur de leurs actions.

Prochain dossier/ Acat Littoral & Madame Madeleine Afité, également lauréat du Prix Moumié

Fondation Moumié & Camer.be

Tag(s) : #Actualité

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