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Ville historique et emblématique, Foulassi, petite localité située à quelques kilomètres de Sangmelima est peu connue de nombreux Camerounais. Pourtant  Foulassi est le berceau de l'hymne national du Cameroun. C’est ici qu’en 1928, les élèves de la première promotion de l’Ecole normale de  la même localité composeront les strophes de l’hymne national.

L’histoire retiendra aussi que René Jam Afane, compositeur des paroles et Samuel Minkyo Bamba, compositeur de la musique comme principaux auteurs. Camer.be votre média de proximité revient ce jour dans le cadre d’un dossier sur ces deux personnages méconnus par la jeune génération des Camerounais. La Fondation Moumié leur avait décerné en novembre dernier  à  titre posthume, un prix spécial .Retour sur les traces de ces deux héros.

En 1928, Foulassi est l’une de nombreuses stations de la Mission Presbytérienne américaine au Cameroun. Cette petite localité abrite une Ecole normale qui forme en trois ans des instituteurs. Cette année là, comme nous l’apprend Antoine Edo (Cf. Fleurs du nationalisme Camerounais Vol.1 FMPS.Ebwa, pp.110-113), l’école est dirigée par un pasteur de nationalité française, le révérend Camille Armand Chazeau. Il fut proposé aux élèves de fin de formation un devoir d’instruction civique au titre évocateur : « exprimer leur espoir en l’avenir du Cameroun ».

« Les élèves se mettent au travail dans la salle d’étude qui leur sert en même temps de bibliothèque. Le lendemain matin, en classe, chacun lit son devoir à haute voix. Les meilleures phrases sont portées sur le tableau noir.

Certains élèves qui s’intéressent à la poésie, comme René Jam Afane, le plus doué de tous ces poètes en herbe, fait la synthèse de toutes les phrases et sort finalement des paroles qui sont contenues dans les deux strophes ( version originale) de notre hymne national. Il leur donne le titre de « chant de ralliement camerounais. Après la lecture de ces paroles devant tous ses camarades de promotion.[…] Il est alors question de composer une mélodie devant accompagner ces paroles, les camarades font appel aux trois musiciens de la promotion : Michel Nkomo Nanga, Moïse Nyatte Nko’o et Samuel Minkyo Bamba. Les trois musiciens se mettent au travail, séparément. » (Cf.P-P23-24, Le Cameroun. Arts, histoire et traditions de Bernard Puepi et Henri Njomgang, Ed harmattan)

Selon la même source, ces compatriotes musiciens vont travailler assidûment et sans arrêt pendant deux mois. Leurs  œuvres  seront auditionnées et celle de Samuel Minkyo Bamba retiendra l’attention des deux autres musiciens et des camarades de promotion.

Selon les propos de Samuel Minkyo Bamba diffusés en 1991 lors d’une émission de la télévision nationale la CRTV, il se devait dès lors d’enseigner cette chanson à ses camarades. Ce chant de ralliement fut ainsi enseigné dans toutes les écoles du Cameroun et fut adopté par la première assemblée législative (1957-1959) comme hymne national du Cameroun (loi n°57 -47 du 5 novembre 1957)

Toujours en 1991, la CRTV au cours de cette même émission avait présenté à l’une de ses éditions des journaux parlés, la rétrocession d’un grand bâtiment à Minkyo Bamba de son vivant pour lui  manifester «  la reconnaissance de la nation » pour son œuvre. L’un de nos confrères du quotidien Le jour s’étant rendu à Bikala en novembre 2007 avait entendu dire des membres de la famille de Minkyo Bamba qu’il s’agissait d’une « fausse image » et que rien n’avait été fait en guise de reconnaissance des œuvres de ce héros.

Quant aux droits d’auteurs, le flou persiste au niveau des ayants droits

Madame Clarice Hansen, la présidente de la fondation Moumié, joint au téléphone, les présente comme deux génies qui ont eu l’inspiration éternelle de l’Hymne National du Cameroun, mais qui sont tous les deux morts dans un dénuement insultant, et dont la Mémoire éternelle sombre aujourd’hui comme hier dans l’oubli total des faiseurs de destins qui dirigent le Cameroun. Leurs tombes sont abandonnées dans une broussaille dans le Sud du Cameroun, et l’Ecole de Foulassi où ils ont écrit l’Hymne se trouve dans un état de délabrement qui tue pour la deuxième fois leurs Mémoires constate t-elle. La fondation Moumié entend d’ailleurs ajoute t-elle lancer une campagne pour la réhabilitation de la Mémoire de ces deux « grands hommes », et appelle « le gouvernement camerounais à prendre ses responsabilités ».

Lé cérémonie de la remise des prix de la fondation Moumié aura lieu le samedi 30 mai prochain à l’Hôtel Ramada à Genève. 

Une initiative allant dans le sens de la perpétuation de la mémoire de René Jam Afane décédé dans les années 80  et Samuel Minkyo Bamba décédé en 1995. A côté de ces deux héros, seront également honorés, l’association ADDEC (Association pour la défense des droits des étudiants camerounais) et Madame Madeleine Afité de l’Acat Littoral pour leur   indépendance d’esprit qui les  place au dessus des joutes politiques et des cercles de  pouvoirs.

Le prix Moumié est à sa deuxième édition, Camille Parfait Mboua Massok étant le premier lauréat en 2007.

© Camer.be : Hugues SEUMO
Paru le 02-05-2009 16:54:18
 
Tag(s) : #Actualité